Caroline Petit
Ma première expérience de radio, c'était un Hit des classes.
Je devais avoir 12 ans et j'étais en cinquième. La Radio, c'était
quelque chose de magique, j'étais très impressionnée
de rencontrer ces personnes que j'imaginais mystérieuses et sympathiques.
Le lieu aussi avait activé mon imagination : le Palais des Congrès,
l'endroit où se passe tout ce qui est important. J'avoue que ce premier
contact avait été un peu décevant, ceux et celles qui
nous avaient accueillis n'avaient finalement rien d'exceptionnel, il me semble
même les avoir trouvés moqueurs et un rien condescendants, et
leur en avoir un peu voulu de n'être que des gens « normaux ».
Plus tard, j'ai de nouveau participé à cette expérience,
mais l'intérêt était retombé.
C'est le challenge interclasses qui m'a ramenée vers la radio, installée
cette fois dans ses nouveaux locaux du port. Dès ma première
participation, ma classe a été éliminée, mais
ce soir-là j'ai rencontré Nathalie Bouyssès, et je pense
qu'une véritable amitié a débuté. À partir
de là, il ne s'est guère passé de fin d'après
midi où on ne m'ait pas vue. J'ai commencé par répondre
au standard pour les jeux, et petit à petit, je me suis réellement
impliquée, voire « incrustée » aux yeux
de certains, du moins c'est ce que je ressentais, mais à l'époque,
même si j'en souffrais un peu, ça me plaisait vraiment d'être
là. Je m'étais dit que les autres avaient dû faire comme
moi pour finalement être acceptés, et j'ai donc insisté.
La musique ne m'était pas complètement inconnue, mais j'ai découvert,
guidée par Nathalie et Richard entre autres, que j'avais un goût
réel pour ça. J'en ai gardé un respect de l'objet vinyle,
et aussi des morceaux (j'ai toujours horreur d'entendre un morceau coupé
avant la fin, ou l'animateur qui désannonce en écorchant le
titre).
J'y ai rencontré deux de mes meilleurs amis, encore à mes côtés
aujourd'hui (Bernard Béasse et Odile Saintagne), et je revois, rarement
malheureusement, mais avec un plaisir que j'espère partagé la
plupart de mes anciens camarades.
Toutes mes années d'adolescence, je les ai vécues à travers
la radio. J'y ai tout appris, j'ai fait des erreurs (beaucoup), quelques bonnes
choses aussi (je crois). J'ai donné beaucoup de temps et d'amour, que
l'on m'a bien souvent rendu. RF, pour moi représente toute une génération,
et fut une formidable école de la vie.
Après ces termes un peu pompeux, je conclurai simplement en disant que j'espère être quelqu'un de bien, et si c'est le cas, c'est en grande partie à la radio que je le dois.
Juin 2002