Dominique Dufresne
En Janvier 1989, alors que je quittais Paris pour m'installer à St-Palais,
jamais je n'aurais imaginé vivre une telle aventure.
À la recherche d'un travail, je découvre dans l'annuaire qu'il
existe une radio locale sur Royan, j'envoie une lettre à son directeur,
Philippe Tranchet, tqui me répond quelques jours après, il me
convoque à RF, puis me demande de faire des essais micro avec Pascale
Martin, journaliste.
C'était un samedi et le lundi, je découvrais l'antenne en direct
pour l'information locale, l'aventure a duré 4 ans.
La radio, c'est un monde à part, tout le monde se côtoie, s'adopte,
ne se pose pas de questions. Une vraie fourmilière, des heures de boulot
pour un petit bout d'antenne, des heures d'enregistrement pour quelques minutes
de passage, des fous rires, des gens si différents avec lesquels le
dialogue s'installe tout de suite, on ne les connaît pas et pourtant,
dans l'intimité d'une salle qu'on appelait « l'aquarium »,
on entrait dans leur vie, et on n'oublie jamais.
Notre premier flash d'info c'était le matin à 7h30, la radio
était déserte juste l'animateur, c'est cela aussi qui était
génial : savoir que depuis les locaux de la station dirigés
par un animateur, ce sont, au bout, des centaines de gens qui vous écoutent,
que l'on entre chez eux, dans leur intimité, que parfois même
on est leur seule compagnie, qu'il nous reconnaisse même s'il ne nous
connaisse pas, c'est magique
Et ce bruit sur le port où se trouvait
la radio, le vent dans les mâts des bateaux qui les faisaient vibrer
au rythme de petits grelots, je ne peux oublier
Je n'ai pas connu les prémices de RF, où les animateurs étaient
bénévoles et se retrouvaient pour leur plaisir, à mon
époque tout était structuré, mais malgré cela
l'ambiance radio libre flottait toujours dans l'air.
Je me souviendrai toujours des « challenges inter classe »
où se retrouvaient des lycéens de la région pour s'affronter
en direct sur l'antenne pour défendre leur classe, quelle ambiance !
Les après-midi où l'on s'acharnait sur des textes de pub, enfermés
dans le fond des locaux, les animations de rues où tout le monde s'y
mettait, les étés où on, courait partout micro en main
à la recherche de l'info
Les soirées électorales
pour ce qui concerne l'information pure, les soirées de Noël de
notre directeur, tout un rituel !
Une ambiance radio, cela ne peut pas se décrire elle se vit et elle
vous marque pour toujours. J'ai eu l'occasion de retourner dans les locaux,
toutes ces sensations sont remontées, c'était bon !
En quatre années, j'ai appris plein de choses, certes le salaire était moyen, les heures incalculables, mais la richesse de toutes les rencontres que j'ai faites et l'envie qui ne m'a jamais quittée d'aller bosser, ont compensées tout cela et à travers ce petit bout de souvenir, et ce site pour Royan fréquence, je tenais à remercier tous ceux qui de près ou de loin m'ont permis de vivre cette aventure.
Juin 2002